La poudrière Turque 2,0

La poudrière Turque 2,0

Au moment d’envisager faire escale à Istanbul, je relie le texte qui suit, écrit il y a tout juste deux ans. Les choses ont déjà beaucoup changé, mais la conclusion en hypothèse est déjà avérée.

Erdogan et son régime autoritaire, la volonté des Turcs d’acheter du matériel militaire russe et le référendum kurde en Irak. Tout se complique.

Il y a presque deux ans, j’écrivais le texte qui suit.

La mort d’Aylan (09-2015)
Et la poudrière turque

Le terrorisme en Turquie était prévisible et il pouvait venir autant de l’intérieur que de l’extérieur, et même de l’un ou l’autre des belligérants d’un conflit tout juste à la frontière avec la Syrie. En effet, les 15 % de Kurdes Turcs ne pouvaient accepter que l’état turc laisse ses frères du Kurdistan Syrien se faire massacrer par l’État islamique. L’ EI, pour sa part, ne pouvait qu’être hostile à ces musulmans « non arabes » et membres de cette OTAN qui la bombarde, entre autres avec des F16 américains basés en Turquie. Tout ça sans compter les intérêts russes et iraniens. En effet, dans ce jeu d’échecs d’autres grandes puissances, perturber cette Turquie qui accueille les F16 américains est sans doute de bonne guerre. Tout cela sans compter les vieilles blessures d’un génocide et les rivalités de confessions musulmanes importées d’ailleurs.

En septembre, quand j’ai vu les photos du petit Aylan mort sur une plage de Bodrum, je me suis senti plus concerné qu’à l’habitude. J’ai pensé que j’étais plus interpellé parce que j’étais sur cette plage quelques mois plus tôt.

Quand j’ai lu qu’Aylan était mort noyé avec son frère et sa mère en essayant de gagner l’île Grecque de Kos, si près pourtant qu’on la voit de cette même plage turque, je me suis souvenu de ma réflexion sous un arbre célèbre de cette île.

Au terme d’un séjour de deux semaines dans cette Turquie ayant frontière commune avec l’Iraq, l’Iran, l’Azerbaijan, la Georgie, la non moins significative Arménie et cette si problématique Syrie, j’étais certain que ce pays était une poudrière au calme et au charme trompeurs.

Que les quelque 15% de Kurdes de Turquie aient posé ou posent encore un problème d’unité nationale, il me semblait évident que la passivité turque, sans doute opportune, devant le massacre des Kurdes de la ville syrienne et frontalière de Kobane était intenable, même à court terme. Les voisins de l’ouest ne pourraient tolérer bien longtemps que la Turquie, prétendante à l’Europe, laisse l’État islamique massacrer les Kurdes de Kobane. Toute l’OTAN, dont fait partie la Turquie comme deuxième armée en termes d’effectifs, est en effet impliqué dans des interventions militaires contre l’EI.

Mais la Turquie devait tôt ou tard se résoudre à faire plus ouvertement la guerre à l’EI pour une autre raison encore. Elle est en première ligne pour accueillir les réfugiés syriens. Depuis trois ans, ce sont plus de deux millions de réfugiés qui sont entrés en Turquie. Le flot submergeant des réfugiés a en effet eu raison des états les plus généreux. Le problème du nombre commence à peser du côté d’une solution visant à arrêter la saignée à la source, en territoire syrien. Là encore, la Turquie sera au premier rang.

Entre une implication de plus en plus grande dans le conflit syrien ou la guerre obligée à l’EI; entre les tensions interconfessionnelles internes, elles-mêmes potentialisées par cette implication et les tensions interculturelles avec la frange kurde qui sont de plus en plus manifestes, ce ne sont peut-être pas seulement les barques de réfugiés qui chavirent au large de Bodrum, c’est peut-être le calme charmant et touristique de toute la Turquie qui coule à pic, autant que son rêve européen qui fait naufrage.
***
En à peine deux ans, tout c’est effectivement compliqué et, si le rêve européen des Turcs a fait naufrage, c’est maintenant le rêve européen lui-même qui prend l’eau.

Au moment d’un départ, un mot de père à ma fille

Il y a quelques années, au moment d’un départ, un mot de père à ma fille …

______

Il y a des jours comme ça où, sans avertir, on prend un coup de vieux.

Tes autres escapades n’ont pas eu cet effet ? Normal !

Là, tu vas vivre à l’étranger. Une toute autre histoire, crois-moi.

Un coup de vieux disais-je, parce que ça me rappelle mes vingt ans, et aussi les 40 dernières années. C’est beaucoup, non? Ce n’est plus mon tour, de toute évidence.

Ce voyage, comme les autres, mais peut-être celui-là encore plus, te marquera. Tu ne seras jamais seule vraiment avec tout ces souvenirs et, aussi, tu le seras toujours un peu, d’une certaine manière, avec cet incommunicable qui accompagne ce genre d’expérience. Ça sera tes souvenirs incommunicables, mais combien intimes et intenses. Ça sera un peu toi.

Bravo pour ton courage et ta volonté de dépassement. 

Le courage est l’une des quatre vertus cardinales. Tu as sans doute vu ça en philo.

Pouvais-je rater l’occasion toutefois de te parler des autres vertus cardinales … Car le courage, sans la prudence, la première des vertus cardinales, est témérité. On l’apprend souvent trop tard. 

Sois prudente ! Tu n’en seras pas moins courageuse.

Pour ce qui est de la tempérance qui consiste à assurer que la volonté domine instincts et désirs pour les maintenir dans l’honnêteté … Tu en sais un bout, certainement. Toutefois, quand tes désirs et ton plaisir provoquent des abus de fatigue … 

Prends soin de toi ! Tu pourras encore demain jouir de la vie si tu prends soin de la personne la plus importante au monde. Traites-là comme si c’était ton enfant et aides-là à grandir en santé.

Pour ce qui est de la quatrième vertu cardinale, la justice, je sais que tu en as un goût certain. J’aimerais que tu restes prudente car elle n’est pas également répartie. Le monde est meilleur ou plus fourbe qu’il n’y paraît ( It’s a wild world and it’s hard to get by just upon a smile) . 

Accorde ta confiance avec sagesse (revoir tempérance) car derrière les apparences, on apprend parfois trop tard que quelqu’un n’a pas développé les autres vertus cardinales, et qu’il est injuste envers soi en poursuivant son intérêt. On souffre toujours quand ça arrive. Encore une fois, prudence !

Ton prof de philo ne t’a peut-être pas expliqué pourquoi ces vertus sont dites cardinales ?

Parce qu’elles sont quatre et fondamentalement différentes, bien que totalement liées à l’idée d’une bonne vie (entendre sagesse) !

Tout ça pour te dire qu’il me semble que tu seras bien préparée pour faire un autre voyage qui lui sera plus long.

Tu as effectivement toute une vie d’adulte devant toi …

Fais un beau, mais surtout un bon voyage !

Papa

De la raison pour vivre émotions et relations

Daniel Goleman[1] propose de développer quatre compétences afin d’atteindre l’ « intelligence émotionnelle ». On aurait tort de croire que la chose est simple. Elle est surtout fondamentale ! Goleman a le mérite d’avoir bien saisi et exprimé simplement que la première chose à faire pour bien communiquer avec l’autre est un travail sur soi et que ce travail nécessite un effort … de raison.

Pour résumer très sommairement, voici les quatre compétences à développer pour atteindre l’intelligence émotionnelle, quatre défis préalables à toute communication vraiment fonctionnelle, et source de vie meilleure.

1) Aptitude à identifier son état émotionnel (et celui des autres).

2) Aptitude à comprendre le fonctionnement et l’évolution des émotions.

3) Aptitude à « raisonner » son état émotionnel (et celui  des autres).

4) Aptitude à « gérer » son état émotionnel (et celui des autres).

Il est intéressant de noter que des recherches récentes tendent à confirmer que ces aptitudes ou compétences sont réellement des gages d’efficacité, dans les relations intimes en particulier.

On constate que le programme est à la fois simple, pertinent, clair, mais qu’il est surtout très difficile à compléter !

Toutefois, certains s’étonnent même quand on dit que l’effort de raison est fondamental pour développer cette intelligence émotionnelle. Pourtant, plusieurs auteurs peuvent être cités pour fonder la pertinence de l’une ou l’autre des quatre aptitudes à développer selon Goleman.

Par exemple, Albert Ellis[2], a bien démontré qu’une émotion désagréable, mais tout de même primaire, pouvait être transformée à travers le filtre de croyances irrationnelles et pas toujours conscientes. L’identification et la remise en question de ces croyances aideront aux aptitudes 1 et 2.  Le remplacement volontaire de ces croyances par des pensées rationnelles aidera à développer les aptitudes 3 et 4 pour générer des émotions plus saines et des comportements plus fonctionnels.

Le grand psychologue Paul Ekman[3] dont les travaux sont largement connus a dressé une liste des émotions de base (tristesse- joie- colère- peur- dégoût- surprise) qui seraient universelles, rien de moins. Ce n’est pas peu dire, car ces émotions n’auraient rien à voir avec la culture et seraient universellement reconnues, entre autres, par l’expression faciale qui les accompagne systématiquement.

Le corps ressentirait donc des émotions primaires relativement limitées en nombre et il les « vivrait » littéralement. Le visage de l’interlocuteur, surtout au niveau des yeux, exprimerait d’ailleurs mieux que ses mots ce qu’il ressent ?

C’est l’habileté à percevoir ces expressions faciales (parfois de micro-indices) qui constitue la technique la plus puissante des grands thérapeutes et communicateurs puisqu’ils saisissent l’expérience émotive de leur interlocuteur mieux que ce que les mots de ce dernier n’expriment.

Si le thérapeute réussit bien, c’est aussi parce que lui-même n’est pas impliqué émotivement. C’est en effet beaucoup plus difficile pour un individu qui réagit émotivement à un autre de discriminer entre ses propres émotions et celles de l’autre. En d’autres termes, le cerveau ne doit pas être en train de réagir « émotivement » à l’autre pour pouvoir traiter « objectivement » les indices d’émotions chez autrui.

Voilà aussi pourquoi les grands communicateurs savent que, malheureusement, ils sont aussi démunis que les autres dans leurs relations intimes.

Pour sa part, Albert Mehrabian, professeur de psychologie  à l’université de Californie, est venu illustrer à sa façon les travaux de Ekman et les constats de Ellis.

Mehrabian a en effet démontré que lorsque la communication implique émotions ou attitudes :

  • 55% du message serait lié au langage corporel.

C’est énorme bien sûr, mais il faut ajouter que le seul ton sera lui aussi très porteur d’émotions communiquées. Comme on l’a vu, l’émetteur ne se rend pas nécessairement compte du message dont son seul ton de voix est porteur;

  • le ton comptera pourtant pour 38 % du message !

Dire je suis calme, avec une certaine intonation, ne trompera d’ailleurs personne d’autre que l’émetteur.

  • Le poids des mots ne représentera que 7 % !

On pourrait s’étonner du faible 7 % que représente le poids des mots eux-mêmes dans les échanges émotifs, mais il y a plus encore à considérer lorsqu’on cherche à décoder les émotions. Il faudra en effet compter avec le langage subvocal et les croyances irrationnelles (Ellis), et ce que le corps en dit (Ekman).

La bonne nouvelle est certainement qu’on peut s’entraîner à faire preuve d’intelligence émotionnelle.

[1] Daniel Goleman, psychologue diplômé de Harvard, était journaliste quand il a publié « intelligence émotionnelle » en 1995.

[2] L’approche dite de thérapie « émotivo-rationnelle » de Albert Ellis a exploité avec grand succès cette évidence.

[3] Paul Ekman a dressé cette première liste des émotions de base en 1972. Toutes ces émotions correspondent à une expression du visage. Ekman a publié une nouvelle liste de 16 émotions en 1990, dont plusieurs positives cette fois, mais qui ne semblent toutefois pas correspondre à une expression du visage.

Un certain 14 juillet, semblable, et différent

Je suis arrivé ce 14 juillet dans mon petit village des Pyrénées, au sud de Toulouse. C’est mon petit pèlerinage vers ce « semblable » à moi-même qui m’habite depuis quarante ans.  Semblable et si attirant parce que justement si différent, mon petit village de montagne est rempli d’amis, de famille, devrai-je dire, et d’un calme hors du temps qui contraste avec Toulouse que je ne reconnais plus depuis si longtemps, même si je l’ai déjà adoré, quand j’y ai vécu.

Je suis venu à quelques heures d’avis, pas pour la fête nationale, mais pour fêter l’anniversaire d’une de ces personnes qui me sont chères. Roland était visiblement heureux que j’aie traversé l’atlantique pour son anniversaire, et Marie-Blanche et moi avons eu le temps de refaire le monde avant le dîner … et bien sûr, ce dîner là-haut sur la montagne, avec plein de vieilles connaissances. On a encore refait le monde et on s’est expliqué le Brexit avant les fromages. Au digestif, on avait déjà reconfiguré l’Europe.

En allant au lit très tôt, décalage oblige, j’avais pris le temps de me rappeler qu’en arrivant à l’aéroport de Blagnac, je m’étais pris à penser que le jour de la fête nationale était une occasion de frapper pour les terroristes. Après avoir craint qu’ils ne se manifestent pendant l’Euro, plusieurs se demandaient où et quand.

Huit mois après le Bataclan, le temps avait peut-être fait baisser la garde.

D’un autre côté, l’esprit festif, comme son étendue nationale d’ailleurs, rendait nécessairement poreuse la sécurité. Je ne suis pas voyant, car c’est là l’analyse que faisaient plusieurs observateurs. Ça allait se produire prochainement, peut-être à Marseille !

Il y a quelques mois, j’avais été frappé par la lecture d’un livre écrit par Noam Chomsky et André Vltchek ( http://ecosociete.org/livres/l-occident-terroriste ) qui expliquaient assez clairement comment l’occident avait fabriqué ces terroristes.

Un autre texte, lu beaucoup plus récemment a achevé de me convaincre. Accordant une entrevue pour une revue, Michel Onfray faisait une analyse aussi originale que troublante sur une certaine forme de guerre des mondes que l’Occident allait perdre … ( http://www.philomag.com/les-idees/entretiens/michel-onfray-meilleur-ennemi-de-lislam-14859 )

Ce matin, 15 juillet , bien remis de mon décalage, je descendais vers le village pour aller au café et, en entendant l’alerte de mon cellulaire qui retrouvait sa connexion, j’ai lu la nouvelle de l’attentat de Nice.

En lisant sur l’identité du coupable et les conditions autant que le contexte de l’attentat, je me disais que l’éternelle question du vivre ensemble ne se résoudrait pas aujourd’hui.

Bien loin de miser sur le semblable pour dissoudre les amalgames faciles, on s’enfoncera probablement et de de plus en plus dans les différends avec tout ce qui est différent.

Si le soir où on célèbre ensemble des idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité, on finit, par nécessité vitale, par se méfier de ce différent, c’est peut-être que la fête est finie et que, comme le disait Michel Onfray, le bateau coule déjà.

 

 

L’hypnose de spectacle et l’hypnothérapie : qui peut en faire?

Les auteurs de ce texte s’expriment au nom du conseil d’administration de l’institut Milton H. Erickson Québec qui regroupe des médecins, dentistes, psychologues et autres spécialistes de la pratique professionnelle de l’hypnose.

_________________

La loi encadrant les services de psychothérapie a finalement été adoptée après des décennies de travail. C’est une victoire pour les professionnels, certes, mais bien plus encore c’est une victoire du bon sens. Plusieurs professionnels croient que l’absence de cadre législatif relevait d’un véritable anachronisme. Mais c’est aussi sans gêne qu’on peut dire que c’est une victoire autant pour la protection du public que pour les professionnels.

Saluant l’entrée en vigueur de la Loi 21, Mme Rose-Marie Charest, présidente de l’Ordre des Psychologues du Québec disait: « Les ordres professionnels concernés pourront mieux jouer leur rôle et ne plus être les témoins impuissants d’interventions inappropriées, sinon d’abus, dont sont victimes des personnes vulnérables sur le plan de la santé mentale». *

Si le pas franchi avec la Loi 21 est déterminant, il ne faudrait surtout pas s’asseoir sur nos lauriers. Au contraire, forts de cette confirmation d’autorité experte, les ordres concernés doivent s’intéresser à la façon dont la santé mentale risque d’être mise à mal par ceux qui échappent à la lettre ou à l’esprit de la loi.  L’hypnose, ou dit plus justement, sa pratique et le spectacle qu’on en fait pose un sérieux problème.

Quelques données bien d’actualité:

– Au Québec nous n’avons aucune législation qui encadre l’utilisation de l’hypnose de spectacle et l’hypnothérapie (ou des termes dérivés créativement : hypnologue, hypnothérapie, hypnotiste et quoi d’autre ?). La chose est bien différente dans bien des endroits du monde, en Israël, dans l’état de Californie, en Ontario…

– Dans le numéro de la revue de juillet 2012 “L’actualité” page 27, « on affirme que “Messmer l’hypnotiseur de spectacle a été «thérapeute» quelques années au début de sa carrière”.  Or, toujours selon le même article, ce dernier aurait appris à l’âge de 18 ans des techniques de la sophrologue Giselle Savard qui enseigne “à diminuer la fréquence des vibrations du cerveau pour aller au deuxième et au troisième niveau de conscience …”

– À Sherbrooke, au printemps 2012, dans une école secondaire privée pour jeunes filles,  le Collège Sacré-Cœur, un tout jeune homme a donné un spectacle d’hypnose avec pour tout bagage une formation d’une douzaine d’heures.  Il a eu de la difficulté à “déhypnotiser” une adolescente qui est restée confuse pendant près de cinq heures.  Cette situation a fait les manchettes locales, nationales et même a eu des répercussions internationales.

– Dans un article de La Tribune de Sherbrooke, une journaliste cite la réaction de l’un des signataires de ce texte “un appel à la prudence” par rapport au commentaire de Messmer qui affirme que “l’hypnose n’est pas dangereuse”.

– Depuis qu’il a servi de sujet lors d’un récent spectacle de Messmer, Yvan (nom fictif bien que nous ayons obtenu la permission d’utiliser le témoignage d’ «Yvan») est resté très incommodé. Il n’arrive plus à contrôler son temps de façon ordonnée, contrairement à son habitude. En fait, on pourrait résumer ses symptômes en disant qu’Yvan vit beaucoup de confusion avec le temps et plus spécifiquement avec ses engagements impliquant un rapport au temps. L’un des signataires de ce texte traite Yvan en ce moment.

– Dans nos expériences de cliniciens, plusieurs fois avons-nous eu à intervenir pour aider des personnes à récupérer leur état de conscience éveillée après qu’ils se soient portés volontaires pour un spectacle.

– À la suite d’un autre spectacle, un médecin travaillant en salle d’urgence consulte “… un patient est resté le regard hagard, on a su qu’il  a été sujet dans un spectacle d’hypnose.  On nous l’a amené à la salle d’urgence… Que devons-nous faire? »

– Phénomène inquiétant, plus récemment nous avons observé que  pour se mettre à l’abri de la Loi 21, plusieurs personnes ayant jusqu’à récemment affiché un titre de psychothérapeute ont troqué celui-ci pour hypnothérapeute. Plus inquiétant encore, certaines des personnes utilisant cette stratégie semblent des émules d’hypnotiseurs de spectacles.

L’opinion des signataires

L’état hypnotique est un état naturel de dissociation.  Dans ce processus naturel, la déhypnotisation ne pose pas problème. Toutefois,  lorsqu’une personne utilise des techniques pour provoquer ce phénomène, il en va tout autrement. Oui, l’hypnose peut être dangereuse si la personne qui utilise ces techniques n’a pas une solide expérience et une formation minimale en psychologie et aussi, si elle le fait dans un contexte où les précautions normales ne peuvent tout simplement pas être prises.

Voilà, en peu de mots, pourquoi il faut impérativement s’assurer que la pratique de l’hypnose (à visée thérapeutique ou de spectacle) soit encadrée et éthique.

Données sur l’hypnose

– L’hypnose est un phénomène que scientifiques et professionnels ont beaucoup étudié.  Et, non, ce n’est pas un pouvoir mesmérien!

– L’hypnotisme est un état ou un processus par lequel une personne utilise des suggestions ou des consignes. Nous ne provoquons pas la transe, nous aidons un sujet à la provoquer lui-même. Les techniques de l’hypnotiseur de spectacle visant à provoquer la transe sont des techniques faciles à utiliser. Toutefois, ce ne sont pas des techniques relevant de l’hypnose, mais de la manipulation, et c’est assez facile à démontrer. Plusieurs expériences de psychologie sociale nous expliquent comment on y arrive. (Fait à noter, les chercheurs qui font ses expériences doivent respecter un code d’éthique)

– L’hypnose n’est pas un sommeil.  Prétendre le contraire, spécialement pendant un spectacle, est extrêmement dangereux. Ce n’est pas le sommeil qui est alors provoqué, mais une forme de dissociation qu’on pourrait ne pas contrôler facilement, le sujet émettant moins les signes qui nous permettent normalement de «monitorer» la transe. (Signes : « le regard de transe », la flexibilité cireuse, micros indices liés à la respiration ou à la déglutition).

– 10 % de la population répond très facilement à la suggestion hypnotique*.

(* À l’opposé, on sait que 10% des gens ne répondent pas à ces critères de suggestibilité et que les 80% restant semblent se répartir selon une courbe normale)

– Par une simple technique de tri, les hypnotiseurs de spectacle choisissent ces personnes de préférence aux autres. Ce faisant, ils misent aussi sur une escalade d’engagements des sujets en augmentant la pression sociale et la pression vers la conformité chez des sujets déjà fortement motivés.

– Comme nous savons que, parmi le groupe répondant bien à la suggestion hypnotique, 6 personnes sur 10 peuvent produire une catalepsie et s’en étonner elles-mêmes, les chances d’avoir un succès «spectaculaire» sont effectivement évidentes pour la perception du pouvoir de l’hypnotiseur, mais d’une navrante contre-productivité pour la crédibilité de l’hypnothérapie.

Finalement, pour faire une image quelque peu hypnotique …

Si l’invention de Nobel nous a aidés à construire des routes et à aller plus loin, il est aussi vrai qu’allumer une mèche est extrêmement simple.

Or, la publicité nous informe que le dénommé Mesmer s’apprête donner un nouveau spectacle où il exploitera particulièrement la modification du rapport au temps. Cette fois, tous les spécialistes savent qu’il faut réagir, car notre artiste risque cette fois de provoquer des drames qui nous feront passer des effets spectaculaires aux radiations à long terme.

Phénomène récent et découlant de la récente législation sur la psychothérapie et le titre réservé de psychothérapeute, nous avons commencé à observer une stratégie qui inquiète chez certains ex-psychothérapeutes.

En effet, des individus ayant jusqu’ici utilisé le titre de psychothérapeute troquent celui-ci pour «hypnothérapeute» au hasard de formations que nous ne pouvons cautionner, loin de là.

À l’enseigne des positions prises relativement à la psychothérapie, nous avons la conviction que des positions claires doivent être prises :

  • pour que le public soit protégé contre les abus et frasques des hypnotiseurs de tout acabit et avoir accès à l’hypnose professionnelle.
  • Tout comme on a fini par comprendre que la thérapie devait être encadrée, l’enseignement de l’hypnose aux professionnels qualifiés doit l’être;
  • pour encadrer l’usage de divers titres et déclinaisons relatives à quelques forment de prétention que ce soit à la thérapie par hypnose.

Il en va de notre devoir de protéger le public.

 

Michel Kerouac, MA, tcf, ps.éd. psychothérapeute

PDG, Formateur titulaire

Gilles Vachon, M.Ed.,M.A. Ps., Psychologue

Au nom du Conseil d’administration de l’institut Milton H. Erickson Québec

Octobre 2012

___________________________

Vous pouvez nous joindre aux adresses suivantes :

Gilles Vachon          info@gillesvachon.com

Michel Kerouac       kerouac@videotron.ca

 

 

DANS LA TOURMENTE DU SUICIDE

Dans la tourmente du suicide, les spécialistes nous disent des choses qu’il est utile de consigner tellement l’état de choc nous rend amnésiques et sourds à leurs explications, tellement ces choses, comme la réalité elle-même, sont difficiles à accepter.

Le fait que quelqu’un s’enlève la vie va à contre sens de ce qu’on estime être la vie elle-même et, selon notre niveau de proximité, on risque de ne ressentir rien de moins que l’angoisse de ce non-sens. Pour se rassurer, on cherche des explications…

Le mot culpabilité revient souvent.

Même si la raison ne supporte pas ce sombre sentiment de responsabilité ni ne l’explique, il semble en effet fréquent que les gens de l’entourage se disent : « j’aurais peut-être dû » ou « peut-être que je n’aurais pas dû ». Le simple fait d’avoir parlé à la personne récemment est parfois suffisant pour déclencher cet état d’esprit. On se dit « quels mots ai-je dits ou quels mots ai-je omis de dire ?».

Notre si nécessaire solidarité humaine voudrait crier « non !» ou s’exprimer autrement, mais les mots manquent cruellement.

C’est peut-être finalement qu’en ces jours de si profonds contre sens, c’est notre condition humaine qui nous est rappelée, dans sa fragilité comme dans sa quête. Nos certitudes s’évanouissent, on a peur et on a mal.   

Pour d’autres, ce serait non pas la culpabilité, mais la recherche de coupables. Et ça aussi, il semble que ce soit fréquent.

En effet, si la perte nous unit, il arrive que l’absence nous divise.

Les spécialistes nous le disent aussi, le suicide de n’importe quel acteur est un facteur de stress susceptible de créer du déséquilibre et d’exacerber les tensions dans la famille ou dans un groupe. 

Restons vigilants, et gardons à l’esprit que devant le suicide d’un des nôtres, nous sommes tous victimes. Nul besoin d’en rajouter…

Puissions-nous rester solidaires dans cette souffrance et apprendre à l’être plus encore dans notre vivre ensemble.

COUPS DE CHAPEAU AUX ENSEIGNANTS

Je suis consultant en éducation.

J’ai travaillé en éducation pendant près de quarante ans, autant comme enseignant universitaire que comme psychologue et, ces vingt-cinq dernières années, comme consultant.

La réussite éducative, on le comprendra, c’est pour moi un sujet quotidien.

Récemment, je prenais le repas du soir au Château Roberval où j’étais de passage pour affaires.

Le serveur était très jeune, mais il affichait surtout un professionnalisme très convivial. Il avait cette capacité si appréciable de prendre le ton complice pour escrimer d’un humour discret tout en maintenant le standard de service élevé. Il s’agit là bien sûr du genre de service qui rehausse l’expérience d’un repas.

Je me doutais bien qu’on ne développe pas une telle attitude, voire une si belle et si agréable aisance dans le service sans une formation. Trop certain de cela pour questionner sur autre chose, j’ai demandé à notre jeune serveur où il avait fait son DEP.

« Dans un Centre de Formation Professionnelle à la commission scolaire des Rives-du-Saguenay, Monsieur ! »

L’affaire était réglée, il fallait faire un coup de chapeau aux enseignants de ce CFP !

Je n’allais pas m’en tirer à si bon compte, car, à la fin du repas, en nous saluant mutuellement, le jeune serveur entreprit d’en rajouter, comme s’il pressentait que j’allais faire ce coup de chapeau et qu’il tenait à être équitable !

Il a en effet expliqué qu’il avait fait son secondaire à la polyvalente de Dolbeau (Commission scolaire du Pays-des-Bleuets) et qu’il avait eu quelques problèmes d’apprentissage au secondaire ; que sans le soutien extraordinaire de ses professeurs du secondaire, il n’aurait pas pu faire son DEP; qu’il était très reconnaissant à tous ses enseignants.

Alors voilà ! Autre coup de chapeau pour les enseignants de la polyvalente de Dolbeau !

QUERELLES FAMILIALES DU TEMPS DES FÊTES: GUIDE DE SURVIE

Vous faites peut-être partie de ceux qui appréhendent les querelles pendant les réunions familiales du temps des Fêtes ?

Vous désespérez peut-être en vous disant que ces affrontements laissent des blessures souvent profondes qui divisent et séparent alors qu’il s’agissait de fêter l’amour qui nous unit ?

Vous aimeriez COMPRENDRE ce paradoxe ?

Vous voudriez ÉVITER ces dérapages ?

Vous voudriez savoir comment y ÉCHAPPER s’ils se produisent ?

COMPRENDRE (Se préparer):

Le paradoxe s’explique peut-être plus facilement qu’il n’y parait, car c’est justement dans le caractère « spécial », voire « extra – ordinaire » de l’évènement qu’il faut chercher.

  1. C’est justement la persistance, voire la permanence et la quotidienneté des relations familiales qui nous auront enjoint de mettre de côté les tensions, de passer par-dessus, etc. pour le plus grand bien collectif et individuel. Il faut en effet se rappeler que les relations avec la famille ont été basées sur la fonction et dans le temps plus que sur le plaisir ponctuel.
  2. Conséquemment, on a beau avoir des relations familiales importantes et de longues dates avec les membres de sa famille, ce n’est justement pas eux qu’on a le plus souvent et spontanément choisis pour des soirées de plaisir en dehors de la quotidienneté. On a donc à la fois moins d’expérience et moins de dispositions naturelles ou spontanées au plaisir avec sa propre famille. Ce n’est ni bien ni mal, c’est comme ça.
  3. Plus justement encore, même si on aura souvent accumulé plus de souvenirs agréables avec sa famille, on aura aussi accumulé plus de souvenirs de moments difficiles ou de conflits. Le contexte « extra – ordinaire » des Fêtes de famille fait disparaitre les balises de maintien de la quotidienneté qui agissent normalement comme garde-fou efficace, spécialement dans les courbes dangereuses.
  4. Les facteurs accélérants :
    1. L’alcool, si lié culturellement à ces fêtes, agit sur le cortex frontal qui est très impliqué dans la maîtrise de soi, le comportement en société, le raisonnement et la résolution de problèmes. C’est un désinhibiteur qui augmentera l’impulsivité et amoindrira les filtres :
      1. Chaque sujet risque donc de laisser paraitre plus des caractéristiques caustiques qu’il garde normalement plus facilement sous contrôle.
      2. Chaque sujet réagit plus vivement ou spontanément à ce qui le trouble de longue date chez un ou des proches.
    2. Les moments délicats :
      1. La crise d’adolescence ou toute contestation de l’autorité parentale en cours ;
      2. Un divorce qui s’annonce ou toute tendance des membres d’un couple à prendre à témoin les participants des difficultés du couple;
      3. Un conflit récent et important entre des participants et pour lequel il n’y a toujours pas de résolution réelle;
      4. Un membre décide de l’occasion pour faire une révélation.

ÉVITER (La prévention) :

Il y avait certainement un peu de sagesse dans cette position populaire voulant qu’on ne parle pas de politique ou de religion dans les réunions de famille !

Si on reconnait cette sagesse, n’y aurait-il pas lieu de se la rappeler et, pourquoi pas, de faire mieux ?

Communiquez à vos invités une liste de sujets à éviter pour garantir le côté festif de la soirée en évitant les sujets « émotifs » sur lesquels on ne pourrait que s’opposer sans aucune chance de faire avancer la discussion.

Par exemple, si nous savons qu’un sujet d’actualité divise certains membres de la famille, nommez carrément le fait en décrétant que le sujet est à l’index.

Mieux, demandez à vos invités de vous communiquer des suggestions de sujets à mettre à l’index, mais aussi d’activités de groupe comme le karaoké où chacun devrait choisir la ou les chansons pour lesquelles il voudrait performer ou voir un autre participant performer.

Le principe est simple, plus on est prévenu, moins on se laisse surprendre, et plus on participe à une préparation plus on adhère au déroulement.

Partager le présent texte avec vos invités pourrait aussi être une bonne idée pour crédibiliser votre démarche et augmenter l’adhésion.

ÉCHAPPER (Intervenir) :

 Quand on comprend comment une chose désagréable peut se produire malgré notre volonté, et qu’on n’a pas su l’éviter, il reste à déployer une stratégie d’échappement qui serait connue de tous.

L’idée est très simple. Intervenir dans la situation qui nous préoccupe ici, risque de contribuer au problème si un minimum de règles ne sont pas claires. En effet, quand la situation est tendue et très émotive, les personnes qui tentent de reprendre le contrôle sont souvent aspirées dans le problème.

Encore une fois, la conscience qu’un problème peut survenir (Comprendre) débouche sur la prévention (Éviter), mais un plan digne de ce nom devrait comprendre des mesures d’urgence en cas d’accident.

Rien de tel que de pratiquer les mesures d’urgence et de nommer un responsable de ce plan d’urgence comme on le ferait pour un conducteur désigné.

Ce pourrait être la première activité de la soirée que de voter pour un arbitre à qui on remettrait un sifflet qu’il utilisera pour mettre en punition, comme dans la ligue nationale d’improvisation, tout participant pour quelques raisons que ce soit  (trop parler, trop mal chanter, trop manger, blague qui tombe à plat, etc.) On pourra condamner à deux minutes de silence ou, au contraire à raconter une histoire pour cause de trop faible participation.

L’air de rien, le simple jeu de participer au vote relatif à la fonction d‘arbitre en confirmera le rôle et l’autorité. Attendez-vous quand même à ce qu’il y ait de la pression pour que vous, l’hôte, assumiez ce rôle.

Finalement, les plus perspicaces l’auront compris, même si vous deviez ne rien faire d’autre, le simple fait de partager le présent texte avec vos invités avant la fête pourrait être un bon départ. On aurait ainsi déjà couvert a) comprendre b) fait un peu de prévention et qui sait, ce serait peut-être déjà là c) une bonne intervention.

(Le principe: Nommer l’appréhendé sans confronter)

Gilles Vachon, M.Ed., M.A.Ps., psychologue

 

 

La mort de l’autruche: l’aide médicale à mourir au Québec

Il y a quarante ans, dans le cadre de mon travail étudiant à l’hôpital, j’ai souvent assisté à des scènes où c’est l’humanité et le courage du médecin qui faisaient la loi.

Un soir, suite à un accident, un jeune homme entre aux soins intensifs avec une fracture du tronc cérébral. L’oedème a commencé et si on traite celui-ci, au mieux notre jeune homme sera quadriplégique. La famille discute avec le neurochirurgien à la porte des soins intensifs. Ni la mère, ni le père, ni la sœur infirmière ne souhaitent que notre jeune, par ailleurs suicidaire, n’en réchappe.

Le  neurochirurgien entre dans la salle des soins intensifs et note au dossier « pas de manœuvre en cas d’arrêt ». Il se dirige vers le lit du patient, débranche le respirateur constate une respiration et quitte rapidement après avoir noté sans se retourner « patient débranché, respire seul ».

Qui voudrait qu’on n’encadre pas l’assistance médicale à mourir; l’euthanasie active ou passive, puisqu’il faut appeler les choses par leur nom.

La vérité, c’est tout de même que l’euthanasie se pratique effectivement sans cadre légal depuis bien longtemps, dans une clandestinité qui doit cesser et qui n’est pas saine.

Que dire de certains soins dits « de confort » où tout un chacun sait qu’à la troisième ou quatrième dose, tout sera terminé.

Là, c’est une hypocrisie carrément dangereuse. Nous ne sommes pas des autruches.

Les choses apparaissent toutefois beaucoup plus claires lorsqu’il s’agit de l’aide médicale à mourir et de soins de fin de vie.

Quand le patient lui-même réclame l’assistance du médecin, il faut faire face avec un courage sociétal à l’égal de celui du patient, et rapidement enlever le fardeau de la clandestinité aux médecins. Il faut reconnaitre le droit fondamental de tout être humain de choisir de mourir dans la dignité, avec le moins de souffrance possible, quand l’issue fatale est proche.

 

 

CERTAINES TRAHISONS SONT UNE « FIN DU MONDE »

Un jour, quelqu’un enlèvera peut-être une petite pierre à la pyramide de vos certitudes et tout se mettra à trembler. La vitrine à travers laquelle vous regardiez le monde se fracassera et votre corps tout entier humera un vent inconnu qui aurait pourtant toujours été là. Ce sera comme une fin du monde et rien ne sera plus jamais pareil même si tout semblera curieusement si semblable et plus clair à l’extérieur, mis à part tout ce verre et toutes ces pierres sous vos pieds. Vous viendrez juste de rencontrer le mensonge fondamental.

L’impression sera troublante, assez pour que vous soyez confus, angoissé. Vous ressentirez peut-être une indicible solitude.

Au début, vous marcherez à tâtons en cherchant à ne pas perdre équilibre entre les restes de vos rêves déçus et de vos certitudes devenues illusions. Vous maudirez le temps et les gens, mais vous saurez que, morceau par morceau, vous devrez bien reconstruire votre manière d’être au monde et que vous devrez le faire seul. Vous ne vous serez probablement jamais senti aussi seul, pas de cette solitude en tout cas.

Il n’y aura pas de plan. La reconstruction sera une oeuvre, une création. Ce sera mieux ou pire, mais ce sera souffrant, car souffrir une mort de soi et renaître n’est pas facile, et grandir est aussi difficile.

Je ne connais pas d’être qui aurait acquis de la profondeur sans quête de sens et sans un peu de cette souffrance.

Ainsi, ayant appris aussi profondément que la vérité blesse parfois, mais que le mensonge tue toujours quelque chose, on sort curieusement de ces crises avec des certitudes renouvelées, peu nombreuses et plus fondamentales.

L’une d’elles est un lieu commun de la philosophie, du vivre ensemble et de la bonne vie.

Elle est simple.

« La vérité n’est pas le bout du chemin, c’est le chemin lui-même! » (André Comte-Sponville)